Mai et juin riment avec assemblées générales. Votre société vient de clôturer un exercice bénéficiaire, et la question revient sur la table : comment vous rémunérer de façon optimale ? Faut-il se verser un salaire ou distribuer des dividendes ? La réponse n'est pas la même selon que vous dirigez une SASU ou une EURL. Sur un point pourtant, les deux statuts convergent : une stratégie 100 % dividendes n'est jamais la plus avantageuse.
La rémunération du dirigeant influe sur votre protection sociale, sur le montant d'impôt sur les sociétés payé par votre structure et sur votre fiscalité personnelle. Avant d'approuver vos comptes, mieux vaut comprendre les règles du jeu propres à chaque statut plutôt que de reproduire mécaniquement ce qui a toujours été fait.
SASU ou EURL : deux régimes sociaux qui changent tout pour vos dividendes
Président de SASU : assimilé salarié et bulletin de paie obligatoire
En SASU, le président relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié : couverture maladie-maternité, retraite de base et complémentaire. Chaque versement de rémunération donne lieu à un bulletin de paie, avec déclaration et paiement des cotisations via la DSN. À noter : le président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage.
Les cotisations sociales sur salaire sont significativement plus élevées qu'en EURL. Certains dirigeants envisagent alors de se rémunérer uniquement en dividendes pour s'en affranchir. C'est une erreur : sans rémunération, vous ne validez pas de droits retraite et ne bénéficiez pas des prestations en espèces. Vous vous exposez surtout à la cotisation subsidiaire maladie dès que vos revenus du capital dépassent le seuil applicable.
Gérant d'EURL : TNS, pas de bulletin de paie, couverture à construire
Le gérant associé d'une EURL est travailleur non salarié (TNS). Aucun bulletin de paie n'est émis : sa rémunération de gérance est déclarée à l'IR et sert de base au calcul des cotisations TNS auprès de l'URSSAF. Le raisonnement « salaire versus dividendes » présenté ici concerne principalement l'EURL ayant opté pour l'IS. En EURL à l'IR, le bénéfice est imposé directement chez l'associé unique et il n'y a pas, à proprement parler, de distribution de dividendes.
La couverture TNS est plus limitée : pas d'assurance chômage, retraite de base inférieure, indemnités journalières plafonnées. Pour compléter cette protection, le gérant TNS peut recourir à des contrats de prévoyance et mutuelle éligibles et, pour la retraite, à un PER individuel ou à un contrat Madelin antérieur à octobre 2020. Ces cotisations sont déductibles du revenu professionnel imposable. Si vous hésitez encore sur la forme juridique, nos missions d'accompagnement à la création de société peuvent vous orienter avant toute décision.
Salaire, IS et dividendes : comprendre l'arbitrage
Dans les sociétés soumises à l'IS, la rémunération du dirigeant est déductible du résultat imposable, contrairement aux dividendes, distribués après IS. Un salaire qui génère 10 000 € de charges sociales mais économise 5 000 € d'impôt sur les sociétés ne coûte finalement que 5 000 € nets à la société. L'arbitrage se calcule, il ne s'improvise pas.
Comparatif SASU / EURL : les points clés
- SASU (assimilé salarié) : cotisations élevées, couverture sociale complète, bulletin de paie obligatoire. Aucune cotisation sociale supplémentaire sur les dividendes.
- EURL à l'IS (TNS) : cotisations plus légères, pas de bulletin de paie, protection à compléter. Les dividendes dépassant 10 % du capital social sont intégrés à l'assiette des cotisations TNS.
- Dans les deux cas, le salaire réduit l'IS : ce gain doit être intégré dans le calcul global de votre rémunération.
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Dividendes en SASU/EURL : flat tax à 31,4 %, seuil EURL et taxe PUMA
La flat tax passe à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026
Les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), passé de 30 % à 31,4 % en raison de la hausse de la CSG votée en LFSS 2026 : 12,8 % IR (inchangé) + 18,6 % prélèvements sociaux. En SASU, aucune cotisation sociale supplémentaire ne s'applique sur les dividendes. En EURL à l'IS, la fraction excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé est intégrée à l'assiette des cotisations TNS, conformément à l'article L131-6 du Code de la Sécurité Sociale. Le coût réel doit être simulé avant toute distribution.
L'option pour le barème progressif de l'IR peut être plus favorable pour les contribuables non imposables ou imposés à 11 %, mais elle doit être simulée en tenant compte de l'abattement de 40 %, de la CSG partiellement déductible et de l'ensemble des revenus du foyer. Les règles sont détaillées sur service-public.gouv.fr/.
La taxe PUMA : pourquoi le 100 % dividendes ne fonctionne pas
La cotisation subsidiaire maladie (CSM), dite taxe PUMA, peut s'appliquer lorsque les conditions de l'article L.380-2 du CSS sont réunies : revenus d'activité insuffisants (y compris au niveau du conjoint ou partenaire pacsé) et revenus du capital supérieurs au seuil applicable. Un dirigeant se rémunérant exclusivement en dividendes se retrouve le plus souvent dans cette situation.
La CSM est calculée sur une assiette comprenant notamment les revenus de capitaux mobiliers, les revenus fonciers et certaines plus-values, après abattement de 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), avec un taux dégressif de 6,5 %. Elle s'ajoute à la flat tax de 31,4 % : la fiscalité réelle des dividendes dépasse alors largement le seul PFU.
En 2026, des revenus d'activité au moins égaux à 9 612 € (20 % du PASS) permettent en principe d'annuler la CSM, sous réserve de la situation du foyer. Pour en savoir plus sur les seuils applicables, l'URSSAF détaille les règles de la CSM. C'est pourquoi une stratégie mixte salaire + dividendes reste, dans la grande majorité des cas, la plus cohérente sur le plan fiscal.
Questions fréquentes sur la rémunération en SASU et EURL
Peut-on ne percevoir que des dividendes en SASU ?
Légalement, rien ne l'interdit. En pratique, c'est une stratégie à écarter : sans rémunération, vous ne validez pas de droits retraite, ne bénéficiez pas des prestations en espèces et vous exposez à la taxe PUMA dès que vos revenus du capital dépassent le seuil applicable. Il n'existe pas de configuration dans laquelle le 100 % dividendes est la solution la plus rentable.
SASU ou EURL : quel statut est plus favorable aux dividendes ?
La SASU a l'avantage sur un point : aucune cotisation sociale supplémentaire ne s'applique sur les dividendes. En EURL à l'IS, la fraction dépassant 10 % du capital est intégrée à l'assiette sociale. Dans les deux cas, des revenus d'activité d'au moins 9 612 €/an constituent le plancher à ne pas franchir pour éviter la taxe PUMA, sous réserve de la situation du foyer.
La flat tax est-elle toujours plus avantageuse que le barème progressif ?
Pas automatiquement. Depuis le 1er janvier 2026, le PFU est à 31,4 %. Si votre taux marginal d'imposition est de 0 % ou 11 %, l'option barème progressif avec l'abattement de 40 % sur les dividendes peut être plus favorable. Cette option s'évalue chaque année et doit être analysée au regard de l'ensemble des revenus du foyer.
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