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Gérant d’EURL consultant une tablette pour préparer le cumul de l’ARE avec son activité.

EURL et chômage ARE : peut-on cumuler l'allocation avec la gérance ?

Vous êtes inscrit à France Travail et vous envisagez de créer une EURL. Une question revient sans cesse chez les créateurs indemnisés : peut-on cumuler l'ARE avec la gérance d'une EURL ? En pratique, la réponse est positive, sous conditions précises. Ainsi, le cadre s'est resserré lorsque les droits ARE ont été attribués à la suite d'une fin de contrat de travail intervenue à compter du 1er avril 2025. En revanche, pour un licenciement, les anciennes règles restent applicables lorsque la procédure a été engagée avant cette date. Le cumul EURL et chômage ARE demande donc une vraie stratégie, pas une improvisation de dernière minute.

France Travail propose deux dispositifs pour accompagner les demandeurs d'emploi qui se lancent. Le premier consiste en un maintien partiel de l'allocation, le second en un versement en capital via l'ARCE. Votre rémunération de gérant influence directement le montant que vous percevrez chaque mois. Par ailleurs, des dividendes peuvent aussi entrer en jeu selon le régime fiscal de votre EURL. Anticiper ces règles vous évite un trop-perçu à rembourser. Vous pouvez ainsi arbitrer sereinement entre sécurité financière et développement de votre activité.

EURL et chômage ARE : les deux dispositifs pour financer votre lancement

France Travail met deux options sur la table quand vous créez votre EURL. Le choix entre les deux mérite d'être posé avant de vous lancer, car il engage la suite de votre indemnisation.

Votre durée d'indemnisation dépend aussi du mode de rupture de votre contrat

Avant même de choisir entre maintien de l'ARE et ARCE, un paramètre en amont détermine l'ampleur de vos droits. Ce paramètre, c'est le mode de rupture de votre contrat de travail. Pour les nouvelles ouvertures ou les rechargements de droits liés à une rupture conventionnelle individuelle à compter du 1er septembre 2026, la durée d'indemnisation change. En métropole, le maximum passe à 15 mois avant 55 ans, et à 20,5 mois à partir de cet âge. Auparavant, il atteignait 18 mois, voire 27 mois selon l'âge. Par ailleurs, dans les départements d'outre-mer hors Mayotte, ces durées sont respectivement fixées à 20 et 30 mois. Enfin, Mayotte relève d'un régime d'assurance chômage spécifique et échappe à cette réforme.

De plus, les allocataires d'au moins 55 ans peuvent solliciter une prolongation examinée au cas par cas. Notamment, cette réforme ne modifie ni les conditions d'ouverture de vos droits ni le principe de la rupture conventionnelle. En revanche, elle peut réduire votre capital de droits ARE lorsque la durée maximale est effectivement atteinte. Le montant de l'ARCE ou le plafond de 60 % évoqués plus loin s'en trouvent alors diminués. Si votre contrat s'est terminé par un licenciement, cette réduction ne s'applique pas.

Le maintien partiel de l'ARE, un filet de sécurité mensuel

Le maintien partiel de l'ARE vous permet de continuer à toucher une partie de votre allocation chaque mois. Ainsi, vous cumulez ce montant avec les revenus tirés de votre EURL. Concrètement, vous restez inscrit comme demandeur d'emploi et vous déclarez votre activité lors de votre actualisation mensuelle. En pratique, ce dispositif fonctionne comme un filet de sécurité. De plus, tant que votre EURL ne dégage pas encore de revenus suffisants, l'allocation complète le manque. En revanche, dès que vous percevez une rémunération, le montant de l'ARE diminue en conséquence.

L'ARCE, le versement en capital de vos droits restants

Pour les droits ouverts à la suite d'une fin de contrat intervenue à compter du 1er juillet 2023, l'ARCE représente 60 % du capital de droits ARE restant. France Travail déduit ensuite une participation de 3 % au financement des retraites complémentaires. Par ailleurs, l'ARCE reste soumise à la CSG et à la CRDS. Pour des droits plus anciens, mieux vaut vérifier le taux auprès de France Travail.

L'ARCE est notamment conditionnée à l'obtention de l'ACRE. Pour une création ou une reprise en 2026, vous devez demander l'ACRE à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début de votre activité. Le versement s'effectue en deux fois : France Travail attribue la première fraction dès que les conditions sont réunies, sous réserve des délais d'attente applicables à l'ARE. L'ARCE apporte ainsi un capital de départ, mais son calendrier de versement doit s'intégrer à votre plan de trésorerie plutôt qu'être vu comme disponible immédiatement.

Le second versement intervient six mois après le premier. Une condition s'applique : vous devez exercer toujours effectivement l'activité pour laquelle l'ARCE a été accordée. Pour les créations ou reprises intervenues à compter du 1er avril 2025, une autre condition s'ajoute : ne pas être en CDI à temps plein au moment de ce second versement. Ainsi, le choix de l'ARCE exclut le maintien mensuel de l'ARE au titre de l'activité créée.

Pour une ARCE attribuée à compter du 1er avril 2025, vous pouvez en principe reprendre le reliquat d'ARE après la cessation de l'activité non salariée et votre réinscription comme demandeur d'emploi, sous réserve du délai de déchéance applicable. Des règles particulières existent pour les ARCE attribuées avant cette date. Ce dispositif convient donc plutôt aux projets qui nécessitent un apport en capital, par exemple pour financer du matériel ou un stock de départ.

Comment votre rémunération de gérant d'EURL influence le maintien de l'ARE

Le calcul mensuel : 70 % de votre rémunération déduite de l'allocation

Vous percevez une rémunération ou des revenus professionnels soumis à cotisations sociales au titre de votre gérance ? France Travail déduit alors 70 % de ce montant de votre ARE mensuelle. Prenons un exemple concret : votre allocation mensuelle s'élève à 1 200 euros et vous percevez 800 euros de rémunération. Vous toucherez donc encore 640 euros d'ARE, soit 1 440 euros de revenus cumulés dans le mois. Le cumul entre revenus d'activité et ARE reste toutefois plafonné. Notamment, la limite correspond à la moyenne des salaires ayant servi au calcul de votre allocation. Au-delà de ce plafond, l'ARE versée ce mois-là est réduite en conséquence.

Le plafond de 60 % du reliquat de droits

Pour les droits ARE concernés par la réglementation applicable depuis le 1er avril 2025, un plafond spécifique s'applique. Le cumul entre l'ARE et les revenus d'activité non salariée est limité à 60 % des droits restants à la date de démarrage effectif de l'activité. Ce plafond porte sur le capital de droits ARE versé, pas sur une durée fixe en mois. En pratique, la durée réelle du cumul dépend donc du montant d'ARE effectivement versé chaque mois. Plus votre rémunération est faible, plus l'ARE mensuelle versée est élevée. Le plafond de 60 % est alors consommé plus rapidement. À l'inverse, une rémunération plus élevée réduit l'ARE versée chaque mois et peut retarder l'atteinte de ce plafond.

Une fois le plafond de 60 % atteint, deux situations doivent être distinguées. Première situation : votre activité se poursuit et vous n'en tirez aucun revenu, y compris sous forme de dividendes. Vous pouvez alors demander à l'instance paritaire régionale (IPR) une poursuite exceptionnelle de l'indemnisation sur le reliquat de droits, sous réserve de justifier que votre activité reste effective. Cet accord n'est pas automatique : la demande doit être présentée dans les six mois suivant la fin du bénéfice des règles de cumul. À l'inverse, seconde situation : votre activité cesse ou est mise en sommeil. Une reprise du versement du reliquat de droits reste alors possible, sous réserve de votre réinscription à France Travail et du délai de déchéance applicable.

Gérant non rémunéré : l'EURL et le chômage ARE face à la question des dividendes

En EURL, l'associé unique gérant relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), que vous perceviez une rémunération ou non. En l'absence de rémunération, le traitement dépend de votre régime fiscal. Pour une EURL à l'impôt sur les sociétés, l'absence de rémunération peut être justifiée par une décision de l'associé unique constatant cette absence. De plus, vous devez consigner cette décision dans le registre des décisions.

À l'inverse, pour une EURL à l'impôt sur le revenu hors régime micro, la situation change. Par conséquent, le bénéfice professionnel de la société constitue alors directement le revenu du gérant. Il peut donc être pris en compte par France Travail. Par conséquent, cela peut donner lieu à régularisation, même sans versement formel de rémunération. En pratique, si votre EURL relève du régime micro-social, les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires plutôt que sur un bénéfice réel. En revanche, aucune cotisation n'est due si ce chiffre d'affaires est nul, sauf option volontaire pour des cotisations minimales. Hors régime micro-social, le statut TNS implique par ailleurs le paiement de cotisations sociales minimales, même sans rémunération.

Les dividendes, un traitement à anticiper selon le régime fiscal

En EURL à l'impôt sur le revenu, il n'existe pas de dividendes au sens fiscal pour l'associé unique personne physique. En effet, le bénéfice remonte directement dans son revenu imposable, comme vu plus haut. La situation diffère en EURL à l'impôt sur les sociétés.

Dans ce cas, une fraction des dividendes perçus par le gérant associé unique est intégrée à l'assiette sociale. Concrètement, il s'agit de la part qui dépasse 10 % d'un montant de référence. Ce montant de référence regroupe le capital social, les primes d'émission et les sommes inscrites sur son compte courant d'associé. Ces règles découlent des articles L. 131-6 et L. 136-3 du Code de la sécurité sociale. Cette fraction est donc soumise à cotisations sociales. France Travail l'intègre à la rémunération prise en compte pour calculer vos versements d'ARE. Établissez son montant et les modalités de régularisation à partir de vos justificatifs, et faites confirmer le calcul par France Travail en cas de doute. Notre article sur l'arbitrage entre salaire et dividendes en SASU ou EURL détaille les paramètres à comparer avant de trancher.

Déclarations, justificatifs et erreurs à éviter face à France Travail

Vous devez informer France Travail dès le début effectif de votre activité. Vous devez aussi lui transmettre le justificatif INPI requis, intitulé « Synthèse - Version définitive - Formalité validée ». La date retenue est celle du début de l'activité ou, à défaut, celle de l'immatriculation. De plus, inutile d'attendre de percevoir un premier revenu. Si vous optez pour le maintien de l'ARE, vous devez déclarer votre activité non salariée lors de chaque actualisation mensuelle. Si vous bénéficiez de l'ARCE, vous n'avez en principe plus à vous actualiser chaque mois, mais vous devez transmettre à France Travail les justificatifs nécessaires à l'attribution et au second versement de l'aide.

Justificatifs à transmettre et erreurs qui exposent à un redressement

Les justificatifs demandés varient selon votre régime social et fiscal, et ne sont pas systématiquement mensuels. Il peut s'agir d'une attestation URSSAF, d'une déclaration de revenus, ou d'un justificatif comptable de rémunération. Une décision de non-rémunération de l'associé unique peut aussi être demandée, le cas échéant. Pour un TNS dont le bénéfice constitue le revenu, la régularisation intervient souvent via la déclaration de revenus annuelle, pas nécessairement chaque mois. Lorsque vos revenus peuvent être justifiés mensuellement, France Travail verse une avance de 80 % du montant dû, puis régularise. En revanche, lorsqu'ils ne peuvent pas être déterminés chaque mois, un paiement provisoire de 70 % maximum de l'allocation mensuelle est versé.

Certaines erreurs reviennent régulièrement chez les gérants d'EURL indemnisés :

  • Retarder la déclaration de l'activité. Penser que l'absence de rémunération dispense d'informer France Travail est une erreur fréquente. Vous devez signaler la création dès le lancement, même à zéro euro de revenu. Un oubli ou une mauvaise déclaration expose au remboursement des sommes versées à tort, voire à la radiation et à des pénalités en cas de fausse déclaration.
  • Distribuer des dividendes sans anticiper leur traitement social. Miser sur le fait qu'ils échappent par principe aux cotisations n'est vrai qu'en partie. Une régularisation tardive coûte souvent plus cher qu'une vérification en amont.
  • Confondre EURL et micro-entreprise. Le mode de calcul dépend en réalité du régime fiscal et social retenu. Pour un micro-entrepreneur, la rémunération prise en compte correspond au chiffre d'affaires après abattement forfaitaire. Pour une EURL hors régime micro, France Travail se fonde sur les revenus professionnels soumis à cotisations sociales.

Une simulation avec votre expert-comptable avant de choisir votre statut juridique évite bien des déconvenues.

FAQ : cumul EURL et chômage ARE, ce que vous devez savoir

Avant d'entrer dans les questions fréquentes, voici l'essentiel à retenir. Arbitrer entre rémunération, dividendes et maintien de l'ARE demande une vision précise de votre trésorerie et de vos droits restants. Dans le respect du périmètre applicable à nos professions, nos équipes de missions juridiques accompagnent les créateurs d'EURL dans le choix de leur statut. Lorsque les conditions sont réunies, elles interviennent aussi dans la rédaction de leurs statuts, en lien avec vos démarches auprès de France Travail. Nous travaillons également avec nos équipes des missions sociales pour sécuriser le calcul de vos cotisations de gérant TNS. Enfin, nos experts fiscalistes vous aident à arbitrer entre salaire et dividendes selon le régime de votre EURL. Le mode d'emploi du cumul a changé depuis 2025 : un accompagnement dès la création vous permet d'arbitrer ces choix sans mauvaise surprise, ni régularisation imprévue en fin d'année.

Peut-on cumuler l'ARE avec la gérance d'une EURL sans être rémunéré ?

Un cumul peut être possible sans rémunération, mais le maintien intégral de l'ARE n'est pas automatique. Dans une EURL à l'IS, une absence de rémunération dûment justifiée peut permettre l'absence de réduction mensuelle, sous réserve du plafond global et des modalités de paiement applicables. Dans une EURL à l'IR, le bénéfice de la société constitue un revenu professionnel susceptible de réduire l'ARE, même s'il n'est pas formellement versé au gérant. Lorsque vous êtes à la fois associé unique personne physique et gérant de l'EURL, vous relevez du régime des travailleurs non salariés dès le début de votre activité, même en l'absence de rémunération. Vous devez alors déclarer la création à France Travail, même à zéro euro de revenu. Le régime diffère lorsque le gérant n'est pas associé : il peut alors relever du régime des assimilés salariés.

Quelle est la différence entre le maintien de l'ARE et l'ARCE ?

Le maintien de l'ARE verse une partie de l'allocation chaque mois en complément de vos revenus de gérance. L'ARCE verse en revanche un capital en deux fois. Il représente en principe 60 % des droits restants pour les droits ouverts après une fin de contrat intervenue à compter du 1er juillet 2023, sous réserve des régimes particuliers et des droits plus anciens. Ce choix exclut par ailleurs le maintien mensuel pour l'activité créée.

Que se passe-t-il une fois le plafond de 60 % des droits ARE atteint ?

Deux situations sont à distinguer. Si vous poursuivez votre activité sans en tirer de revenu, y compris sous forme de dividendes, vous pouvez demander à l'instance paritaire régionale (IPR) une poursuite exceptionnelle de l'indemnisation. Cette demande doit intervenir dans les six mois suivant la fin du bénéfice des règles de cumul. Si vous cessez ou mettez en sommeil votre activité, une reprise du versement du reliquat de droits peut être possible, sous réserve de votre réinscription à France Travail et du délai de déchéance applicable.

Vous préparez la création de votre EURL tout en étant indemnisé par France Travail ? Autant partir sur des bases solides dès le premier jour. Prenez rendez-vous avec EXAGONE pour faire le point sur votre statut, votre rémunération et vos droits restants.